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Pourquoi la volonté seule ne suffit pas (et finit toujours par craquer)

C’est l’histoire classique du lundi matin. Vous êtes motivé. Cette fois, c’est la bonne. Vous allez arrêter le sucre, courir trois fois par semaine et cuisiner tous vos plats. Vous serrez les dents, vous faites appel à votre "force de caractère".

Lundi se passe bien. Mardi, ça tire un peu. Mercredi soir, après une journée épuisante au travail et une mauvaise nouvelle, vous vous retrouvez la main dans le paquet de gâteaux sans même avoir réalisé comment vous en êtes arrivé là.

S’ensuit la vague habituelle : culpabilité, jugement ("je suis nul(le)", "je n'ai aucune volonté") et abandon.

Mais j'ai une bonne nouvelle pour vous : ce n'est pas vous le problème. C'est votre stratégie.

Miser uniquement sur la volonté pour changer de vie, c’est comme essayer de retenir sa respiration sous l’eau : vous pouvez le faire un moment, mais tôt ou tard, la biologie reprend le dessus et vous devez respirer.

Voici pourquoi la volonté n'est pas le moteur du changement durable.


1. La volonté est une batterie, pas un trait de caractère


On pense souvent que la volonté est une qualité infinie : soit on l'a, soit on ne l'a pas. C'est faux. Les neurosciences nous montrent que la volonté agit comme une batterie.

Chaque décision que vous prenez dans la journée consomme de l'énergie : choisir vos vêtements, gérer un dossier complexe, ne pas s'énerver contre un collègue, résister au croissant de 10h. Arrivé à 19h, votre batterie est à plat. C'est ce qu'on appelle la "fatigue décisionnelle".

C’est pour cela que les "craquages" ont presque toujours lieu le soir. Ce n'est pas que vous êtes faible, c'est que votre réservoir est vide. Si votre stratégie repose sur le fait de "résister" du matin au soir, vous êtes mathématiquement programmé pour échouer au moment où vous serez fatigué.


2. Le conflit interne : "Je dois" vs "Je suis"


C'est le cœur du problème. La volonté est nécessaire quand il y a un conflit entre ce que vous voulez faire (maigrir) et qui vous pensez être (un bon vivant qui aime le sucre).

Tant que vous vous dites "Je suis un gourmand qui essaie de se priver", vous êtes en guerre contre vous-même. La volonté est le soldat que vous envoyez au front. Mais on ne peut pas être en guerre contre sa propre nature éternellement.

Le véritable changement ne demande pas de volonté, il demande un changement d'identité. Une personne qui se considère comme "sportive" n'a pas besoin d'une volonté de fer pour aller courir. Elle y va parce que c'est ce qu'elle fait. C'est ce qu'elle est. Une personne qui se respecte profondément n'a pas besoin de lutter pour ne pas manger de la malbouffe tous les jours. Elle ne le fait pas, tout simplement, car cela ne correspond pas à ses standards.


3. L'environnement bat toujours la volonté


Si vous avez des biscuits dans vos placards, vous finirez par les manger. Ce n'est qu'une question de temps. Compter sur sa volonté pour résister à la tentation disponible chez soi, c'est s'imposer une charge mentale inutile.

Les personnes qui semblent avoir une "volonté de fer" sont souvent simplement des personnes qui ont organisé leur environnement pour ne pas avoir à utiliser leur volonté. Elles préparent leurs affaires de sport la veille. Elles ne gardent pas de tentations visibles. Elles créent des systèmes.


Conclusion : Arrêtez de lutter, commencez à devenir


La volonté est utile pour le "sprint" : démarrer une action, donner un coup de collier ponctuel. Mais pour le "marathon" de la vie, elle s'épuise.

Pour réussir votre transformation, arrêtez de vouloir "tenir le coup". Au lieu de cela :

  1. Changez votre environnement pour économiser votre énergie.

  2. Changez votre dialogue interne : passez du "je n'ai pas le droit" (privation) au "je ne veux pas" (choix).

  3. Construisez une identité qui rend le bon choix naturel, et non difficile.

Arrêtez de miser sur la force. Misez sur qui vous êtes en train de devenir.

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